Nos premiers pas en Bolivie

Jour 24 (24/07/19)

C’est notre dernier réveil au Pérou, on plie encore une fois nos sacs, un bon petit déjeuner et on part chercher un colectivo pour rejoindre la frontière avec la Bolivie. Pour passer cette frontière, il y a plusieurs étapes : La première consiste à prendre un colectivo jusqu’à Yunguyo, la dernière ville péruvienne avant la frontière, puis un taxi pour faire les derniers kilomètres jusqu’à la frontière. On continue ensuite à pied jusqu’au poste de sortie du Pérou, on fait tamponner nos passeports puis on repart à pied pour passer la frontière (environ 200 mètres). On entre en Bolivie, on fait un nouveau stop à l’immigration bolivienne et on prend un nouveau colectivo pour rejoindre Copacabana.

Ça c’est la version courte, maintenant la version pratique : Avant de partir de l’hôtel, on demande où se trouve la gare de colectivo pour Yunguyo (rappelez-vous, une destination = une gare routière !). Et là, la réceptionniste de l’hôtel nous explique qu’il y a une grève aujourd’hui et demain au Pérou, que les routes sont bloquées et que les bus ne circulent pas ou très peu. On est un peu dépité de découvrir ça maintenant, on aurait pu anticiper si on l’avait su avant. On décide quand même de partir à la gare routière et d’attendre là-bas pour voir ce qu’il se passe, journée perdue pour perdue, autant essayer. Une fois dans la rue, on saute dans un taxi. On trouve facilement le quai pour Yunguyo avec plusieurs personnes qui attendent mais pas de bus. Je pars me renseigner et une personne me dit qu’il n’y a pas de bus aujourd’hui. Le temps que je revienne, je vois Bertrand en panique en train de charger les sacs sur le toit d’un colectivo. Il y a bien un bus qui circule et on n’aura pas attendu longtemps. Mais il est vite plein et on a failli pas avoir de place. Le trajet dure environ 3 heures et tout se passe bien jusqu’à ce qu’on voit un sac sauter du toit ! On crie pour que le chauffeur s’arrête et on s’aperçoit que c’est l’un de nos sacs, évidement… On est dégouté, il restait à peine 15 minutes de route. Une fois arrivé, on constate les dégâts sur notre sac et ils sont assez importants, toute la structure en plastique qui maintient le sac et les roues est fissuré en 2 et la toile est abîmé à plusieurs endroits, sans parler du sur-sac qui est inutilisable. On s’énerve un peu car on avait prévenu le chauffeur de bien attaché les sacs dans ces routes toutes cabossées, on lui demande une compensation, au moins le remboursement du trajet mais il ne parle pas anglais et avec nos espagnol basic, ce n’est pas simple. Il est bien désolé et n’est qu’un simple chauffeur alors il ne peut/veut rien faire. On finit par laisser tomber, de toute façon on ne peut rien réclamer contre les colectivos, ce ne sont pas des compagnies de bus officielles. Et puis de toute façon, le trajet ne coutait que 4€/personne, loin des 300€ que nous a coûté notre sac Osprey !

On arrive donc à la 2ème étape, trouver un taxi pour rejoindre la frontière. On y est rapidement, juste avant de changer de pays, il y a une petite dame qui nous change nos derniers soles contre notre premiers bolivianos. On sort du Pérou sans problème. Idem pour rentrer en Bolivie mais le douanier nous donne que 30 jours sur notre visa alors qu’on prévoit de rester au moins 5 semaines en Bolivie, on tente de demander un peu plus mais son sourire jovial (blague !) nous annonce qu’il faut le faire à la Paz.

Nous voici donc en Bolivie, 2ème pays de ce tour du monde. On change nos montres d’heures, on n’a plus que 6h de décalage avec la France. On monte dans un colectivo mais il n’est pas plein et on attend un bon moment qu’il se remplisse car il n’y a pas beaucoup de monde qui passe la frontière à pied aujourd’hui. 20 minutes plus tard, nous arrivons à Copacabana (la ville, pas la plage du Brésil !). Nous trouvons rapidement notre hôtel. Nous rencontrons une autre famille française qui avait prévu de partir pour Puno aujourd’hui mais qui sont coincé ici à cause des grèves. On se dit qu’on a eu vraiment de la chance d’arriver ici assez rapidement.

On part se balader en ville pour trouver à manger, il est 16h et on n’a rien mangé. On trouve quelques empanadas et une part de gâteaux, c’est très bon. Il y a un vent de dingue et le lac est déchainé, les pontons pour les bateaux sont recouverts par les vagues, on se demande comment font les bateaux pour naviguer et on espère que ça va se calmer car on prévoit de se rendre sur l’Isla del Sol demain. Cette première sortie dans cette petite ville ne nous emballe pas beaucoup, les rues sont en mauvaises états et pas très vivantes, pour la première fois il ne fait pas beau, l’impression général est mitigée.

On est rapidement de retour à notre hôtel, on fait un peu de blog, on traîne et on ressort manger en fin de journée, il ne fait pas chaud ici avec ce vent !! On ne tarde pas pour aller se mettre au chaud sous les couvertures.

Jour 25 (25/07/19)

Ce matin, on refait déjà nos sacs et on ne garde que 3 petits sacs à dos car ce soir nous dormons sur l’Isla del Sol. Encore une fois, on part avec duvets et vêtements techniques chauds car on sait que les nuits sont fraîches dans ces îles. Il n’y a pas de petit déjeuner avec notre hôtel alors une fois nos sacs prêts on part à la recherche d’un resto pour déjeuner. On se rend compte que tout est assez cher ici, le petit-déjeuner coûte plus cher que le menu de la veille au soir.

Une fois le ventre plein, on part se balader dans la ville et on fait un tour sur la place principale et sa cathédrale toute blanche. Cette cathédrale est très belle.

On descend ensuite se balader sur la plage et on tente de se renseigner sur les bateaux qui doivent partir en début d’après-midi mais il n’y a personne. On pique-nique rapidement et on patiente.

Quand on voit arriver un gars dans une cabane en bois, on lui dit qu’on veut acheter 5 billets pour l’Isla del Sol et là il nous annonce qu’il n’y a pas de bateau cet après-midi ! On lui demande pourquoi alors que c’est indiqué qu’il y a un départ à 13h30 et il nous dit qu’ils n’ont pas le droit de circuler, que c’était que le matin et qu’il faut attendre demain. Tout cela sans un seul sourire, on avait vraiment l’impression qu’il n’en avait rien à faire. De notre côté, on est bien embêté car on a réservé une nuit sur l’île… On se renseigne auprès des personnes en train de repeindre leur bateau et ils nous confirment la même chose, que c’est à cause du temps. Mais ils nous expliquent aussi qu’on peut tenter de rejoindre le patelin de Yampupata et que de là-bas, on peut demander à un pêcheur de nous y emmener. Par contre, ils nous annoncent un prix super cher pour y aller en voiture ! On décide alors de remonter là où sont parqué les colectivos pour se renseigner un peu plus. On n’est pas au bon endroit pour aller à Yampupata et un monsieur nous explique comment trouver les bons colectivos. On les trouve rapidement et on trouve un taxi juste à côte pour quasiment le même prix et il part tout de suite (contrairement au colectivo qui attend d’être plein…). 30 minutes de chemin de terre plus tard, on arrive sur une plage et on voit un pêcheur qui attend. On négocie le prix avec lui et nous voici parti en direction de l’Isla del Sol. La traversée est beaucoup plus rapide d’ici, 30 minutes au lieu de 1h30 depuis Copacabana. Youhou, on va dormir sur l’île ! Sur le trajet, on voit apparaitre de belles montagnes enneigées, ça va être superbe de l’île !

Quand on arrive sur l’île, il faut encore payer un droit d’entrée. On se renseigne sur les bateaux du lendemain et un monsieur nous dit qu’il n’y qu’un bateau le matin à 10h. Il y en a pourtant 2 autres annoncés à 15h et 16h… On est un peu déçu car on aurait aimé rester plus longtemps.

On attaque ensuite le chemin qui monte dans le village, on est à 3800 mètres d’altitude et la montée est raide. En chemin, on croise plusieurs boliviennes qui vendent leur création. L’hôtel que nous avons réservé est situé tout en haut du village, quasiment sur la crête, ça râle sévère dans les troupes !

Une fois arrivé à notre hôtel, l’accueil est plutôt froid, la dame est surprise que nous soyons 5 alors qu’on a réservé pour 4 (on fait ça depuis le début du séjour car Julia dort dans un lit/tente). Elle commence à nous expliquer que la chambre n’est pas faite pour 5, que c’est trop petit, qu’on aurait dû réserver 2 chambres. On lui explique que ce n’est pas un problème pour nous, qu’on fait ça tout le temps, que ça ne dérange jamais et qu’on préfère dormir tous ensemble plutôt que dans des chambres séparées. Mais non, elle n’en démord pas. On demande alors à voir la chambre. Seul Bertrand aura le droit d’aller voir. Il découvre que la chambre est immense donc on lui dit qu’on est Ok pour la chambre pour 4. Et là, on comprend enfin où elle veut en venir, elle nous demande 10 dollars de plus pour Julia. On refuse de rentrer dans cette combine, on n’apprécie pas du tout la façon de faire et on préfère s’en aller. On claque donc la porte, furieux, et on repart à la recherche d’une nouvelle chambre pour cette nuit et à un bon prix. On fait rapidement le tour des auberges et maison et Bertrand finit par nous négocier une chambre sympa pour nous 5 avec une belle vue sur le lac. On est bien content d’être là avec des gens plus sympas.

On pose nos sacs et on repart se promener dans l’île. Le souci avec ce changement d’hôtel c’est qu’on est redescendu dans le village et il faut donc remonter sur le sentier des crêtes. Les enfants sont ravis. Haha ! Sur le chemin, on trouve une jolie terrasse avec une vue superbe sur le lac. On s’y pose un moment avec un bon jus pour les enfants et une bonne bière pour les parents.

L’heure tourne et il faut continuer de monter pour aller observer le coucher du soleil. Bertrand joue avec le drone, l’endroit est tellement beau. Une fois en haut, nous ne sommes pas seuls pour observer le coucher du soleil mais le spectacle est grandiose. On aperçoit au loin les 2 autres seuls villages de l’île. En ce moment, il y a un conflit entre le village du milieu et celui du nord et il n’est plus possible de circuler entre les 2 parties de l’île. C’est bien dommage car le nord se retrouve vraiment coupé de tout.

On retourne ensuite manger une bonne truite pêchée dans le lac dans le même restaurant que tout à l’heure mais à l’intérieur cette fois car une fois la nuit tombée, il ne fait pas chaud du tout ! On rentre chez nous à la lueur de nos portables et tout le monde se met au chaud dans son duvet et sous la bonne pile de couvertures. C’était une belle journée.

Jour 26 (26/07/19)

Un grand soleil nous réveille ce matin, il s’est levé juste en face de notre hôtel et il inonde la chambre. Ça fait du bien car ça réchauffe. On ne traîne pas en sortant du lit, la nuit a été bien fraîche. Nous prenons notre petit-déjeuner, libérons notre chambre mais laissons nos sacs à l’hôtel et repartons au sommet de l’île. On a finalement décidé de rester toute la journée sur l’île et de ne prendre un bateau que dans l’après-midi, on est trop bien ici et on n’est pas pressé de retrouver l’effervescence de Copacabana. On verra bien s’il faut qu’on refasse le tour avec un bateau de pêcheur ou si les informations du gars de la veille étaient erronées (ça serait pas la première fois que ça arrive).

On profite encore de cette magnifique vue, on traine un peu et on retourne manger dans notre resto avec vue qu’on a beaucoup aimé. Puis il est déjà l’heure de redescendre. Une fois en bas, on se rend compte qu’il y a des bateaux qui rentrent directement à Copacabana, l’interdiction de naviguer a été levée. On embarque dans un premier bateau puis finalement on nous demande de changer puis nous voilà parti pour 1h30 de navigation. Il fait beau et chaud, on s’est installé sur le toit du bateau, c’est plutôt agréable.

Une fois à Copacabana, l’atmosphère est bien différente de celle qu’on a connu en arrivant. Il fait beau, le vent s’est calmé, les commerces font étalages sur les rues qui sont bien plus animées. On retourne à notre hôtel pour retrouver nos gros sacs et notre chambre. Une bonne douche pour tout le monde (il faisait trop froid à Isla del Sol !). Fin de journée tranquille avec un bon mojito et une pizza.

Jour 27 (27/07/19)

On a décidé de rester un jour de plus ici pour se poser un peu et visiter un peu plus les environs de la ville. Après un petit déjeuner plutôt moyen dans un resto touristique de la ville, on se dirige vers la cathédral pour assister au baptême des voitures. C’est déjà le bazar, il y a une file impressionnante de voitures à l’arrêt. C’est une institution ici, tous les jours mais surtout le week-end, des voitures par dizaines viennent pour se faire baptiser, on a vu énormément de voitures qui venaient du Pérou. La cérémonie commence, les voitures attendent le capot ouvert et toute décorée, un moine arrive un seau à la main et bénit la voiture, son intérieur et ses propriétaires. Ensuite, ils lui lancent des pétales de fleurs et pour finir l’arrose avec une sorte de vin mousseux (qui pue !) et font éclater une salve de pétards. Ils sont vraiment bizarres ces boliviens ! Enfin, ils font une photo tous ensemble avec le moine devant la voiture qu’un photographe imprime en direct. Le moine passe ensuite à la voiture suivante. Depuis qu’on est arrivé en Bolivie, on a constaté que les boliviens n’étaient pas très souriant ni jovial, même dans ce genre de cérémonie qui s’apparente à une fête pour eux, ils font la tronche !

Une fois qu’on a vu le processus 2 fois, on continue notre balade. On achète de quoi pique-niquer et on se dirige vers la colline Calvairo pour avoir une belle vue sur la ville de Copacabana et sa plage. La montée est très raide et on doit escalader d’énormes rochers, c’est même glissant et pas du tout sécurisé, on commence à avoir peur pour la descente, surtout avec Julia dans le dos.

Une fois en haut la vue est superbe, on aperçoit même l’Isla del Sol au loin et la presqu’île depuis laquelle nous avions embarqué 2 jours plus tôt. Mais en haut non plus, rien n’est sécurisé, il y a du vide de partout et pas de barrière ou alors elles sont cassées. On est en stress avec les enfants. On mange avec la vue et pendant ce temps on assiste à de drôles de cérémonies. Les gens ont formé des carrés décorés avec des fleurs et des cotillons, ils se placent en couple ou en famille dans ces carrés et une personne pratique une cérémonie pour eux en les bénissant et en éclatant tout pleins de pétards. Ils finissent en remplissant leurs poches et porte-monnaie de fleurs séchées et ils trinquent à la bière. On s’est demandé si ce n’était pas des mariages.

On continue notre visite et nous arrivons sur une plateforme avec plusieurs croix et des boliviens qui se font encore bénir avec des fleurs séchées sur la tête et se font souhaiter une belle vie, beaucoup d’argent et la santé. Il y a aussi une représentation de la vierge Marie devant laquelle ils font la queue pour venir se recueillir et se faire prendre en photo bien sûr par un photographe qui leur imprime ça en direct. On sent que les croyances sont très fortes ici.

Et là on aperçoit un escalier en pierre qui monte jusqu’ici et on comprend pourquoi il n’y avait personne sur le chemin qu’on a emprunté ! On n’est pas bien doué parfois ! Mais on est rassuré pour la descente, c’est beaucoup plus facile par là.

Sur le chemin, on découvre encore une nouvelle pratique assez marrante, ils lisent l’avenir dans le papier aluminium. Ils le font chauffer dans une poêle puis le jette dans de l’eau froide. Ça donne un morceau d’alu biscornu dans lequel, l’avenir du client va être interprété. On n’a pas testé, on n’avait pas envie de savoir quel enfant allait vomir dans le prochain bus, on préfère garder la surprise 😊

Après cette grande balade, on rentre se reposer à l’hôtel et refaire nos sacs pour l’étape suivante… La Paz !

2 commentaires sur « Nos premiers pas en Bolivie »

  1. Ah ah ah ah ! Alors quel est l’enfant qui a vomi dans le bus suivant ? 😁
    Super la suite des aventures, on prend des infos au passage, merci ! 😉

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