Sur le lac Titicaca

Jour 21 (21/07/19)

Il est temps de quitter la ville de Cusco que nous avons tant aimé. Mais de nouvelles aventures nous attendent ailleurs. On part assez tôt ce matin pour prendre un bus pour Puno, la ville qui borde le lac Titicaca du côté péruvien. On trouve un taxi dans la rue qui nous emmène assez rapidement à la gare de bus de notre compagnie (il ne faut pas oublier qu’ici chaque compagnie a son propre terminal, on en a déjà fait l’expérience à Arequipa…). On a tenté de n’acheter que 4 billets au lieu de 5 comme pour les bus locaux. En général, depuis le début de notre voyage, nous ne payons jamais le bus pour Julia qui voyage sur nos genoux à chaque fois, même quand on fait 6h de trajet dont 2h de piste !! Sauf pour les compagnies de bus longues distances (billets qu’on achète sur internet) ou les bus de nuit. Cette fois, le trajet pour Puno ne fait que 6h et il ne restait que 4 places à un prix intéressant. On doublait le tarif si on prenait un siège de plus. Alors on a tenté comme ça. Et c’est passé ! On a juste du payer 5 soles (soit 1,5€) de taxe pour Julia avant d’embarquer. On est bien content de notre coup ! Dans la file pour embarquer dans le bus, nous avons la bonne surprise de tomber sur Jessica, la française avec qui nous avions fait la route jusqu’au Machu Picchu, nous l’avions recroisé dans les rues de Cusco mais on pensait qu’elle avait quitté la ville depuis longtemps. On est ravi de la retrouver ici. La route se passe bien mais un quart d’heure avant d’arriver, on perd à nouveau l’estomac de Lucas… Dommage, on y était presque !

Jessica restera avec nous le reste de la journée, on cherche nos hôtels ensemble et elle nous aidera avec les sacs. On ne passe qu’une nuit à Puno et pour cette occasion, nous avons trouvé une promo sur Booking et avons réservé un super hôtel dans lequel il ne fait pas froid (il y a même du chauffage si on a besoin) et avec la meilleure douche chaude avec pression de tout notre séjour ! On est refait !

La ville de Puno n’est pas exceptionnelle, sa place principale est en travaux et on ne peut pas s’y promener, il y a une rue commerçante assez animée et quelques restos sympas. Nous passerons la soirée tous les 6 au coin du feu à manger des pizzas et Julia se fera une super copine. Encore un très bon moment.

Au départ, nous envisagions d’aller jusqu’à Llachon, petit village au bord du lac Titicaca, sur une presqu’île un peu plus au nord. Mais il fallait ensuite enchaîner avec 1h15 d’un premier colectivo puis 20 minutes d’un 2ème pour aller dormir chez l’habitant dans une chambre plutôt froide. Le côté authentique nous plaisait beaucoup mais la fatigue et la perspective de ces heures de transport ajoutées au froid nous ont dissuadé.

Jour 22 (22/07/19)

Vous aurez compris que Puno ne nous a pas forcément emballé. Et tant mieux car le but n’était pas de rester ici. Notre objectif est de rejoindre l’Isla Amantani, la plus éloignée mais aussi la plus authentique des îles du lac Titicaca côté péruvien. Mais pour y aller, nous ne voulons pas passer par une agence au départ de Puno car celles-ci proposent toutes de passer d’abord par les îles flottantes d’Uros que nous voulons éviter car celles-ci sont juste une attraction folklorique pour touristes et ça ne nous intéresse pas.

L’isla Amantani est composée de plusieurs communautés et il se pratique là-bas un tourisme solidaire. Les touristes qui souhaitent s’y rendre sont répartis équitablement dans les familles pour que chacune puisse recevoir à tour de rôle et que tout ceci soit équitable. Comme nous ne prévoyons pas longtemps à l’avance où nous allons (dans ce cas précis, la veille pour le lendemain), nous n’avons pas pu réserver « une famille » pour nous héberger sur l’île. Mais on se dit que s’il y a des rotations de famille sur l’île, c’est qu’il doit y avoir plus de familles que de touristes. Nous avons entendu dire que celles-ci attendaient les touristes à l’arrivée du bateau, on s’est dit qu’on demanderai aux personnes présentes à ce moment-là pour être héberger quelque part.

On décide donc de prendre un colectivo pour Capachica, village perdu sur une presqu’île au nord de Puno. De là-bas, nous prendrons un taxi pour nous rendre sur la playa Chifron pour y trouver un bateau afin d’aller sur l’Isla Amantani. C’est l’astuce que nous avons trouvée pour éviter les agences. On trouve facilement l’emplacement des colectivos pour Capachica mais celui qui est prêt à partir n’a plus qu’une place et nous devons prendre le suivant et attendre qu’il se remplisse pour partir. En 20 minutes, nous sommes pleins et prêt à partir. 1h30 plus tard, nous sommes à l’embarcadère de Chifron. Nous faisons la connaissance du capitaine du bateau et nous lui expliquons que nous n’avons pas de famille sur l’île pour nous héberger pour la nuit. Il nous répond de ne pas nous inquiéter, qu’il avait un ami qui pourrai nous accueillir. On lui fait confiance et nous voici sur son bateau.

On était parti quand tout à coup, il aperçoit un colectivo arriver au loin dans la poussière et hop le bateau fait demi-tour ! Quand on le voit arriver, on se rend compte que c’est celui où l’on était qui a poussé jusqu’à la plage car il avait un chargement de tuyaux sur le toit. Donc après avoir attendu que le colectivo soit chargé à Puno, on attend et on file un coup de main pour charger le bateau. Si on avait su, on aurait économisé un taxi !

Sur le bateau, nous rencontrons un couple de français très sympathique (Christophe et Aurélie) en vacances pour quelques semaines et qui, comme nous, n’ont pas de famille pour la nuit. Nous irons donc ensemble chez l’ami de notre capitaine. Le tarif (dérisoire en passant en direct, 45 soles par personne soit 12€ !) est le même pour toute l’île et il comprend la nuit ainsi que 3 repas (midi, soir et petit-déjeuner). La maison de notre hôte est très agréable, il a une belle pièce de vie pleins de baies vitrées qui font entrer la chaleur le jour et offre une belle vue sur la place principale du village, une petite cour intérieure dans laquelle les enfants trouveront un ballon et feront une partie de foot avec le fils de la famille.

La vie sur la place du village est tranquille, les anciens discutent, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, c’est beau à voir. Et puis les enfants de l’école rentre d’une partie de foot. On se sent bien ici.

Nous sommes surpris de ne croiser aucun autre touriste dans ce village (à part une famille qu’on apercevra à peine dans la même famille que nous). On sait que cette île est peu touristique mais on ne se doutait pas à ce point. Dans l’après-midi, la maîtresse de maison nous fait une démonstration de tissage avec son immense métier à tisser, c’est impressionnant la finesse et la qualité de ce qu’elle réalise et le temps que ça lui prend, elle était en train de faire une ceinture et celle-ci lui demande 2 mois de travail à raison de 2 à 4h par jour, c’est énorme ! Elle nous a aussi montré tout ce qu’elle faisait en tricot et crochet, des bonnets, des chaussettes, c’était magnifique. On a craqué sur un petit lama que Julia accrochera sur son sac à dos.

En fin de journée, nous partons nous balader sur les hauteurs de l’île pour aller voir le coucher du soleil depuis la Pachamama, la Terre mère. La montée n’est pas très difficile mais à 4000m d’altitude, on met du temps. Encore une fois, on ne croise personne d’autres à part quelques locaux qui montent avec de gros chargements sur le dos. Une fois en haut au niveau du mirador, on se rend compte qu’il y a énormément de monde, on se demande d’où viennent tous ces touristes qu’on n’a pas croisé depuis que nous sommes là. On en voit arriver depuis un autre chemin que le notre et qui semble partir d’un autre village. On assiste au spectacle du coucher du soleil, c’est magnifique. Mais on se couvre bien car il fait bien froid une fois qu’il n’y a plus de soleil, surtout que le vent est de la partie aussi !

On ne traîne pas trop pour redescendre, on voit un bel orage éclaté au loin de l’autre côté du lac, vers la Bolivie. De retour chez nous, on joue aux cartes en attendant le repas et les enfants feront des jeux de cirque avec Christophe. Ils sont ravis. A la fin du repas, notre hôte vient discuter avec nous et nous apprendrons (grâce à Christophe qui parle très bien espagnol) que le tourisme ne marche plus très bien pour lui, qu’il y a un guide (et donc certainement une agence) qui draine tous les touristes vers une autre communauté de l’autre côté de l’île et qu’ils ne reçoivent presque plus personne. On trouve cette pratique vraiment injuste et on se rend compte qu’il n’y a plus rien de solidaire dans cette manière de gérer cette île. On est vraiment content de ne pas avoir fait appel à une agence pour venir ici et d’avoir pu rencontrer cette famille en arrivant sur le port « délaissé » de l’île.

On se rend compte en allant se coucher qu’il n’y a aucune lumière dehors, le ciel étoilé est magnifique ! En effet, il n’y a pas de Lune non plus donc on peut super bien voir les étoiles, surtout à notre altitude ! On décide de prendre quelques minutes pour contempler ce splendide spectacle avec nos grosses doudounes. Nous ferons quelques photos avec un long temps de pose (30s). Puis on va vite se mettre sous la couette, bien au « chaud », si on peut dire ça…

Jour 23 (23/07/19)

La nuit fut fraîche et agitée, on dormait dans des chambres séparées avec les enfants et ils se sont tous réveillés en pleurs au milieu de la nuit, sans vraiment de raison valable. A 7h on est au petit déjeuner car notre hôte nous a expliqué que si on voulait se rendre sur l’île voisine, Isla Taquile, il y avait un seul colectivo qui y allait chaque jour et il part à 8h. On pourra ensuite rejoindre Puno depuis cette île. Notre hôte nous a informé qu’il y avait une autre famille de français chez lui (cette fameuse famille qu’on a à peine aperçue mais qui loge sous le même toit que nous) et que ceux-ci disposent d’un bateau privé avec de la place et qu’ils prévoient de se rendre à Isla Taquile mais ils ne veulent pas partager et ne souhaitent voir personne car ils ont pris un tour privé. Ils n’ont en effet partagé aucun repas avec nous (ils se sont fait servir dans leur chambre), pas même échangé un seul mot lors de l’attente et se sont rendu seuls avec notre hôte sur la Pachamama pour le coucher du soleil alors qu’habituellement l’hôte accompagne tous ces invités lors des balades. Plus sauvage et égoïste que ça, on n’a jamais vu ! On était choqué.

Une fois sur le port, il n’y a pas grand monde, on se renseigne et on finit par comprendre qu’il n’y a pas de bateau colectivo ce matin, que celui-ci part finalement depuis l’autre village, celui qui accueille le plus de touristes car plus rentable… On est un peu dégoûté de voir ça mais on n’a pas vraiment le choix. Soit on décide de prendre un bateau privé qui est hors de prix soit on prend un autre colectivo pour Chifron puis on rentre à Puno via Capachica comme à l’aller. Nous voici donc parti pour Chifron.

Dans cette galère, nous faisons la connaissance d’une famille française (Thierry et Maryline) avec leurs 3 ados qui cherche désespérément le bateau pour Isla Taquile car ils avaient acheté des billets pour faire un tour complet à Puno mais ils doivent se rendre à l’évidence que leurs billets sont perdus. On se retrouve donc tous sur le même bateau et on discute un moment voyage. Ce sont de grands voyageurs, on n’est qu’au mois de juillet et ils sont déjà à leur 3ème voyage de l’année ! Ils ont voyagé plusieurs mois aux USA et ont aussi été expatriés en Nouvelle Calédonie plusieurs années et ont pleins de bons conseils à nous donner. C’est super sympa de pouvoir échanger comme ça. On s’est projeter en eux dans 10 ans avec nos 3 loustics ! Et en plus, on est presque voisin (oui quoi l’Isère et la Haute-Savoie c’est presque à côté).

Un taxi (moto-taxi pour Bertrand et les enfants qui prennent ça comme un tour de manège) et un colectivo plus tard, nous sommes de retour à Puno. Nous disons au revoir à Aurélie et Christophe qui continuent leur route en Bolivie. Thierry et sa famille reprennent un bus le soir même pour Cusco donc on leur propose de déposer leurs gros sacs-à-dos à notre hôtel (le même que notre première nuit ici) et on part se balader en ville. On tente de trouver le marché local pour y manger, en général c’est bon et pas cher. On marche et on papote un moment puis on mange tous serrés sur 2 bancs le menu local. Et ben pour une fois, c’est pas top, la viande est sèche et le riz et les patates étouffantes, on commence à en avoir marre de ce mélange dans chaque plat. Si au moins, ils cuisinaient des plats en sauce !!

Nous rentrons à l’hôtel faire faire une sieste à Julia et en profitons pour préparer un peu la suite de notre voyage et notre arrivée prochaine en Bolivie. Nous réservons aussi nos vols pour l’Amazonie, trop hâte d’aller là-bas ! Puis nous retrouvons nos compagnons du jour pour un bon goûter et ça se finit par un dîner dans notre pizzeria préférée bien au chaud où Julia est trop contente de retrouver sa copine (elle rentrera dans le restaurant en criant « coucou la copine, je suis là ! »). Oui on ne fait que manger mais il fait froid et il n’y a pas grand-chose d’autre à faire dans cette ville 😊. C’est notre dernière soirée au Pérou qui clôture 23 jours dans ce très beau pays. On essaie de vous faire un bilan rapidement de ce premier pays.

3 commentaires sur « Sur le lac Titicaca »

  1. coucou le Indiana jones squadron…merci pour vos superbes pics du lac Titicaca les bleus sont époustouflants..bonne route vers simon bolivar…bizous !!

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  2. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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